Robotique dans le système de santé ontarien: une décision qui pourrait avoir des conséquences désastreuses

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Par Stuart Kozlick, vice-président robotique médicale chez Kinova

Le 8 août dernier, nous apprenions qu’un comité d’experts chargé de conseiller le gouvernement ontarien sur les dépenses à effectuer en matière de nouvelles technologies médicales considérait que l’utilisation de la robotique dans les cas de prostatectomie radicale (ablation de la prostate) ne valait pas l’investissement si on considérait les avantages par rapport à l’approche traditionnelle. Cette nouvelle n’a rien de banal, il s’agit d’un premier pas vers une tiers-mondisation de notre système de santé.

Certes, le gouvernement ontarien n’a toujours pas annoncé s’il allait suivre cette recommandation ou non, mais le simple fait qu’un comité formé d’experts rejette du revers de la main cette technologie, qui permet de pratiquer une chirurgie complexe avec autant de précision, a de quoi inquiéter. Dans les cas de prostatectomie radicale, la robotique apporte pourtant beaucoup d’avantages pour le patient. L’incision est plus petite, la perte de sang est négligeable, le patient se remet plus rapidement et peut quitter l’hôpital dans un délai plus court et le temps d’utilisation de couches pour adulte après l’opération est réduit de moitié. Pourtant le comité estime que la prostatectomie à l’aide de la robotique n’offre pas de meilleurs résultats que l’opération traditionnelle en ce qui a trait à la préservation des fonctions urinaires et sexuelles et selon lui, rien n’indique qu’elle aide à prévenir une récidive du cancer.

Si nos gouvernements mettent des freins à toutes ces innovations, ce sont les patients qui vont écoper. -Stuart Kozlick

Pour une question d’argent, le comité occulte le bien-être du patient. Chez Kinova, nous croyons que le bien-être et la guérison rapide des patients sont primordiaux. Nous estimons également que la technologie doit être accessible afin que les patients aient le choix de s’en prévaloir ou d’opter pour l’ancienne façon de faire.

Une nouvelle qui a piqué la curiosité du ministre Barrette

Dans un gazouillis envoyé le jour de la publication de la nouvelle, le ministre de la Santé du Québec, Dr Gaétan Barrette a écrit : « Intéressant débat. À lire, pour choisir ». Ces quelques mots soulèvent plusieurs questions. Nous souhaitons ardemment que le ministre choisisse la voie de l’évolution technologique dans les soins de santé pour le bien de tous les patients québécois. Nous souhaitons également travailler de concert avec M. Barrette pour faire du Québec, un leader mondial en robotique médicale.

Il est ici question d’urologie, mais la robotique est utilisée dans plusieurs autres secteurs et pour de nombreuses autres chirurgies. Si nos gouvernements mettent des freins à toutes ces innovations, ce sont les patients qui vont écoper.

Pour moi et pour la compagnie que je représente, la robotique permet d’outrepasser les limites physiques des professionnels de la santé et ultimement d’offrir de meilleurs soins aux patients.

Avec la robotique chirurgicale, les outils traditionnellement opérés manuellement sont maintenant automatisés et motorisés ce qui permet aux chirurgiens d’obtenir des degrés de précision auquel aucun médecin ne pouvait rêver. Le poignet humain par exemple, est limité dans ses mouvements, donc l’outil dans la main du chirurgien est aussi limité. La robotique médicale élimine ces limitations.

Nous pouvons affirmer sans se tromper que 50 à 95 % des nouvelles technologies médicales qui ont été approuvées ne se rendent jamais dans le système de santé canadien. À ce chapitre, les États-Unis ont plusieurs longueurs d’avance sur nous. Il faut remédier à cette situation rapidement et les différents paliers de gouvernement doivent être des partenaires et non un frein à l’implantation de ces nouvelles technologies.

 

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