Le Bon, la Brute et le Truand : Décrire la différence entre bonne et mauvaise science

Aperçus de l'industrie
Par Nick Frost

Posez la question à n’importe quelle personne travaillant chez Kinova – ou dans toute autre entreprise de robotique portée sur le développement de la technologie dans le but d’accroître les compétences humaines – et ils vous diront à quel point leur travail peut être enrichissant. Ils vous diront à quel point c’est stimulant, intéressant, motivant, et aussi à quel point cela peut être amusant.

Mais ils vont aussi, parfois, vous dire à quel point cela peut être pénible.

Pas à cause du travail lui-même, mais plutôt à cause de la façon dont, dans le domaine de la robotique, la portée de la technologie qu’ils développent qui a un impact réel sur la vie des gens est souvent éclipsée par des prouesses impressionnantes en apparence, mais qui relèvent plus du gadget.


N’y voyez aucun manque de respect envers les individus manifestement compétents qui mettent au point des robots capables d’imiter le comportement humain de manière attendrissante ou drôle. Mais quand le fait que 1 069 robots dansants rentrent dans le livre Guinness des Records parce qu’ils représentent le plus grand nombre de robots dansant en simultané fait les gros titres et attire plus l’attention du public que des percées scientifiques qui auront un impact majeur sur l’humanité, quelque chose ne tourne pas rond.

 

 

 

La mauvaise science sous le microscope

Considérant la communauté scientifique dans son ensemble, pourquoi est-ce que tant de mauvaise science (ou, comme on l’appelle parfois, «la science de pacotille», ou «pseudo-science») continue d’être omniprésente?

Avant de répondre à cette question, clarifions d’abord ce que nous entendons par ce terme vieux de plusieurs décennies. La science de pacotille ne doit pas seulement s’appliquer aux charlatans que l’on peut voir à la télévision, qui offrent de faux espoirs aux personnes en mauvaise santé sous la forme de «remèdes miracles» sans aucune valeur scientifique – bien qu’il s’agisse certainement là d’un extrême.

Au contraire, le terme englobe tout ce qui se fait passer pour science légitime, avec de mauvaises intentions, soit dans le  but de contrecarrer des faits scientifiques fiables, soit parce qu’il n’y a t pas ou peu de portée réelle pour la population humaine.

Cela pourrait inclure plusieurs choses : des études payées par des entreprises visant à modifier leur perception par le public, des résultats suscitant des idées fausses au sujet de faits scientifiques avérés  afin de servir des intérêts politiques, ou même des avancées scientifiques dans lesquelles un chercheur faussera ou manipulera des résultats pour se faire un nom.

Malheureusement, tant qu’il y a des scientifiques disposés à agir de manière peu éthique, ou des gens qui ignorent délibérément les mérites de la bonne science, ne savent pas faire la différence ou encore se laissent facilement influencés par le doute, la mauvaise science continuera à avoir un public.

 

Comment peut-on faire la différence entre mauvaise science et bonne science?

Tout d’abord, pour clarifier les choses, nous définissons la bonne science comme tout type de science qui oeuvre de manière constructive pour aider l’être humain à comprendre et à fonctionner dans le monde qui l’entoure.

Les différencier n’est pas toujours aisé, en particulier lorsque la mauvaise science est présentée d’une manière qui la rend légitime.

On pourrait croire que le fait qu’une étude reçoive une couverture médiatique est un moyen infaillible de déterminer la légitimité d’une information scientifique. Mais, les nouvelles disent parfois des choses contradictoires (prenez les effets du chou frisé sur la santé par exemple).

Certes, la science est souvent présentée de façon sensationnaliste dans les médias à grand renfort de titres accrocheurs conçus pour attirer le lecteur (beaucoup ne liront pas au-delà du titre accrocheur ou du premier paragraphe de l’article). Comme le souligne Julia Belluz, auteure scientifique reconnue, cela peut être en partie attribué au manque actuel de journalistes scientifiques véritables dans l’industrie, où le nombre des postes se voit réduit sur une base quasi mensuelle. Les rédacteurs qui ne maîtrisent pas complètement les sujets sur lesquels ils écrivent sont limités dans leur capacité à les présenter et, par conséquent, sont plus susceptibles de survendre les points les plus juteux pour attirer les clics.

 

La façon la plus simple de déterminer la légitimité d’une étude scientifique est de lire toute étude que vous êtes amenés à rencontrer d’un œil critique et de vous poser les questions suivantes :

– Quelle est la source de l’étude : une université, une source indépendante, un journal médical ou autre chose?
– Quel genre de langage utilise cette étude : affirmatif ou spéculatif?
– Quelles méthodes ont été utilisées et dans quelles conditions l’échantillon a-t-il été testé?
– Les résultats sont-ils évalués par les pairs?
– Les résultats sont-ils réplicables?


Mme Belluz – une source très fiable dans la communauté du journalisme scientifique – donne une liste complète de questions supplémentaires à prendre en considération lorsque vous vous interrogez sur la valeur de toute étude scientifique.

D’un point de vue historique, on peut trouver des milliers et des milliers d’exemples de bonne et de mauvaise science, mais en voici juste quelques-uns pour illustrer notre propos :

 

BONNE SCIENCE

 

Théorie de l’Évolution de Darwin (1859)

Le naturaliste de renom Charles Darwin, père de la théorie évolutionniste moderne, pose les bases de toute étude future concernant l’évolution, affirmant entre autres que toute vie descend d’un ancêtre commun et que les espèces se développent à travers la «sélection naturelle» des traits hérités.

 

Découverte du vaccin ROR (1971)

Le microbiologiste américain Maurice Hilleman, considéré comme «le spécialiste des vaccins le plus prolifique de l’histoire», combine les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole qu’on lui attribue pour créer le premier vaccin utilisant des souches virales vivantes, éliminant presque entièrement ces maladies.

 

Envolée de SpaceX (2006–présent)

On se souviendra probablement d’Elon Musk pour ses inventions les plus folles. Cependant, il convient de noter que le fruit de ses travaux en matière d’exploration spatiale, la fusée Dragon, est devenu le premier véhicule commercial à s’amarrer à la Station spatiale internationale, et que sa compagnie, SpaceX, détient le record pour un moteur-fusée au rapport poids/poussée le plus élevé.

 

Lancement du bras robotisé JACO (2009)

Il y a huit ans, Kinova a amené à la vie l’une de ses inventions les plus importantes : JACO, un bras robotisé manipulateur à six axes doté d’une main à trois doigts. Depuis lors, JACO a joué un rôle clé dans l’amélioration de la vie d’individus ayant une mobilité réduite du haut du corps et, cette année, Airbus a commencé à tester ses capacités en avionique pour hélicoptères.

 

MAUVAISE SCIENCE

 

Froideur sur la fusion froide (1989)

Après de nombreuses tentatives infructueuses de réplication, la découverte supposée des électrochimistes Martin Fleischmann et de Stanley Pons d’une réaction tnucléaire à température ambiante – et les espoirs de développer une énergie bon marché et renouvelable à partir de là – ont été  démystifiés. (Cependant, beaucoup essaient toujours à ce jour.)

 

Scandale Schön (2004)

Le physicien allemand Jan Hendrik Schön, une figure autrefois importante dans la communauté des physiciens pour son travail avec des semi-conducteurs à molécule unique, fait l’objet de 24 accusations de faute professionnelle, et s’est vu dépouiller de son doctorat pour avoir manipulé des données expérimentales.


Vaccin ROR faussement lié à l’autisme (1998)
Le gastroentérologue britannique Andrew Wakefield publie un article de recherche établissant faussement un lien entre le vaccin ROR et l’autisme. Alors que ses revendications ont été discréditées et qu’il a depuis été banni du registre médical britannique, les dommages ont été irréversibles, certains parents refusant toujours de vacciner leurs enfants.

 

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